Le monde que nous partageons : à la rencontre d’Ahmed Kessir

M. Kessir est le gérant d’un charmant magasin de quartier situé à Paris. Chaque jour, il sert des clients du monde entier, les aidant à envoyer de l’argent à leurs proches.
Deux décennies après avoir commencé ce travail, le Tunisien natif a de nombreuses anecdotes intéressantes à partager, mais nous voulions aller droit au cœur de son histoire dans cet épisode de The World We Share.
Le chemin qu’il a suivi depuis le départ de son pays natal n’a pas toujours été facile. Pourtant, malgré les obstacles, il se tient fièrement devant sa boutique au Boulevard Jean-Jaurès pour partager un message d’espoir à ceux qui peinent à trouver leur place loin de chez eux.
Points clés
▪ Repartir à zéro demande patience et résilience.
▪ La migration remodèle l’identité mais n’efface pas les racines.
▪ La famille est un système de soutien vital, même au-delà des frontières.
▪ Les transferts d’argent concernent le soutien, pas seulement les transactions.
▪ Les envois de fonds contribuent à favoriser et à maintenir les liens humains.
▪ La confiance communautaire se construit avec le temps et le soin.
De Tataouine à Paris : le parcours de M. Kessir
M. Kessir est né à Tataouine, une oasis du sud de la Tunisie également connue sous le nom de « portes du désert ». Dans cette petite ville, tout est proche. Il décrit sa vie là-bas comme très axée sur la famille, avec un réseau de personnes de confiance qui le soutenaient à chaque occasion.
Cependant, M. Kessir a choisi d’échanger sa Tataouine natale ensoleillée contre les rues mornes de Paris à la fin des années 1990. Et ce faisant, il a remplacé aussi la sécurité et la familiarité par un avenir incertain.
Le jeune rêveur a tout quitté pour étudier en France. Mais une fois arrivé, il a rencontré de nombreux obstacles. Entre surmonter un choc culturel et essayer de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, l’expérience a été assez déstabilisante.
« La vie est complètement différente. Tout est rapide », a noté M. Kessir en se rappelant cette transition vers une grande ville. Ce changement peut être dur pour n’importe qui. Mais il s’accompagne d’une nouvelle langue, de normes différentes et la perte de sa communauté, il est facile de se sentir dépassé. « Le rythme de vie, la culture, les habitudes, la nourriture… Rien n’est pareil », observe-t-il.
M. Kessir a admis que cela avait été difficile pour lui au début. « Tu dois te débrouiller par tous les moyens pour subvenir à tes besoins financiers, organiser un logement et trouver du travail par toi-même, parce que tu as laissé ta famille et tout ton cercle derrière toi », explique-t-il. La pression financière, les responsabilités quotidiennes et la solitude de cette situation peuvent être difficiles à gérer.
Mais M. Kessir a persévéré, se sentant finalement bien intégré à sa nouvelle culture. Le jeune homme ne le savait pas encore, mais ses efforts allaient être récompensés. En effet, il allait bientôt rencontrer une opportunité qui allait à jamais changer le cours de sa vie.
Trouver sa place : travail, responsabilité et croissance
Certaines personnes peuvent se tourner vers leur passé et identifier un moment décisif qui a tout changé dans leur vie. Pour M. Kessir, c’est lorsqu’il est entré sur le marché du travail.
En 2004, il a trouvé un emploi dans une entreprise de télécommunications, avec un bon poste qui lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille. « Tout a commencé à partir de là », remarque-t-il. Deux ans plus tard, il a été promu directeur de magasin… le même d’où il nous raconte cette histoire. Et il n’a pas bougé depuis.
Lorsque l’entreprise de télécommunications a fermé, M. Kessir y a vu une opportunité, rachetant le magasin et y lançant sa propre entreprise. « J’ai repris la boutique avec un avantage : comme j’y étais employé, je connaissais les services », nous confie-t-il. Comme il fournissait déjà des services d’envoi de fonds, il a décidé de continuer sur cette voie.
Après avoir travaillé avec d’autres opérateurs de transfert d’argent, le gérant du magasin a finalement rejoint Ria, devenant officiellement agent en 2017. En pensant à ce changement, M. Kessir note qu’il est reconnaissant pour le soutien qu’il a toujours reçu de la part de Ria. « On sent qu’on est en famille, que tout le monde est proche de nous », observe-t-il.
Les employés de Ria étaient là pour l’accompagner à chaque étape, offrant une assistance rapide, 24h/24. L’aide reçue tout au long du processus lui a permis de mettre en place les services de transfert d’argent en un temps record.
Autre chose que le gérant apprécie est la rapidité de réponse lorsque surgit un problème pour un client. « Ils répondent toujours rapidement à tous nos besoins et nos demandes », assure-t-il.
Un bon service client est ce qui fait la différence pour M. Kessir. C’est important pour lui, car il voit son travail comme un moyen de redonner à sa communauté. « On est dans le circuit qui apporte de l’aide aux gens pour rester proche de leur famille », déclare-t-il. C’est le fil conducteur qui a guidé son travail depuis le début.
Rester connecté à nos racines
Les envois de fonds construisent des ponts au-delà des frontières, permettant aux travailleurs migrants de préserver leurs liens familiaux. C’est crucial, car être séparé de votre réseau de soutien peut avoir un impact sévère sur la santé mentale et le bien-être de n’importe qui.
M. Kessir en a fait l’expérience personnellement. « Ma famille est en Tunisie. J’ai mes parents et mes frères là-bas », nous dit-il. Venant d’une petite ville, il avait l’habitude de les voir très souvent. Jusqu’à ce qu’il vienne en France.
« La séparation c’était très dur », reconnaît-il. « Ça a été très difficile pour nous, pour mes parents », ajoute-t-il. Heureusement, il est beaucoup plus facile de communiquer maintenant que lorsqu’il est parti, grâce aux nouvelles technologies.
Parler au téléphone tous les jours et les visiter aussi souvent que possible lui a permis de se sentir plus proche de sa famille. Ce qui aide aussi est que le natif de Tataouine a fondé une nouvelle famille en France, avec sa femme et leurs enfants. Mais il n’a pas oublié à quel point cela a été difficile au début.
C’est pourquoi M. Kessir considère qu’il est essentiel d’être là pour ses clients. Ceux qui sont nouveaux dans ce pays, comme il l’a été autrefois, ont souvent des doutes. « Ils posent des questions, sur la façon d’envoyer des colis à l’étranger, transférer de l’argent, obtenir des cartes SIM ou installer des lignes téléphoniques », dit-il. Il fait donc de son mieux pour les guider alors qu’ils trouvent leurs repères dans leur nouvelle vie.
Cet engagement l’aide à tisser des relations solides avec ses clients. M. Kessir se souvient d’une histoire qui l’a particulièrement marqué, car elle montre l’impact positif que son travail peut avoir sur les autres.
Le pouvoir d’aider les autres
Il y avait un client ivoirien qui venait régulièrement envoyer des fonds à sa famille. Le vieil homme faisait confiance au personnel pour l’aider à effectuer ses transferts. À de nombreuses reprises, les employés ont parlé directement à son fils pour les aider à retirer l’argent envoyé.
L’habitué restait souvent pour discuter et créer des liens avec le personnel. « Il ne se contentais pas de transférer et partir, il restait avec nous », se souvient le directeur du magasin. Au fil des années, une amitié s’est développée entre eux, jusqu’au jour où il a mystérieusement cessé de venir. « Il nous a manqué vraiment », avoue M. Kessir, racontant comment tout le monde se demandait ce qu’il était advenu du client. Mais son sort resta un mystère.
Jusqu’au jour où, quelques années plus tard, son fils est soudainement apparu au magasin de M. Kessir. L’enfant avait grandi et déménagé en France, retrouvant la boutique pour les informer que son père était malheureusement décédé.
« Il est venu spécifiquement chercher l’agence pour venir nous remercier de tout ce qu’on avait fait pour lui et son père », déclare M. Kessir. « Ça nous a beaucoup touchés. C’est un acte qui est vraiment gravé dans nos têtes. »
Des histoires comme celle-ci démontrent l’importance des petits gestes. En prenant le temps de guider personnellement un client et d’apprendre à le connaître en tant que personne, les actions de M. Kessir ont eu un effet positif qui a touché plusieurs générations.
Fierté, perspective et conseils
Globalement, M. Kessir est fier de son travail et de ce qu’il est devenu. « Quand j’étais en Tunisie, je n’aurais jamais rêvé de réaliser tout cela », déclare-il. Bien qu’il n’ait prévu de rester en France que quelques années, les opportunités qu’il a obtenues lui ont fait changer de plan.
Depuis son arrivée à Paris, il a fondé une famille, est devenu gérant de magasin, et a vu ses enfants recevoir une éducation de qualité qui leur ouvrira de nombreuses portes. Ainsi, malgré les obstacles et tout ce qu’il a laissé derrière lui, il ne regrette pas sa décision de quitter la Tunisie.
Quand on lui demande si son parcours a été guidé par le destin ou par ses propres choix, M. Kessir n’hésite pas. « Les deux en même temps », dit-il. « Le destin n’est pas prédéfini comme on le pense. La volonté peut faire partie du destin. »
À travers ce message, M. Kessir souhaite répandre l’espoir chez les autres. « Vous pouvez y arriver », déclare-t-il, s’adressant aux migrants qui commencent tout juste leur parcours. « Je vous conseille de ne pas abandonner, de ne pas vous décourager », conclut-il.
L’histoire migratoire de M. Kessir nous inspire tous. Elle nous montre qu’avec suffisamment de détermination, de patience et un réseau de soutien fiable, n’importe qui peut prendre en main son destin.
Vous avez besoin d’envoyer de l’argent à un proche à l’étranger ? Téléchargez notre application, rendez-vous sur notre site web ou dans le magasin Ria le plus proche.
FAQ
Quels sont les défis courants rencontrés par les migrants lorsqu’ils déménagent dans un nouveau pays ?
Ils font souvent face à la séparation de leur famille, à des difficultés à trouver un logement, à des pressions financières et à un choc culturel.
Quels bons conseils pourraient aider les nouveaux migrants à surmonter ces obstacles ?
Être patient, ne pas lâcher l’affaire, se faire confiance et continuer d’aller de l’avant.
Pourquoi les envois de fonds sont-ils considérés comme importants ?
Ils aident les familles à rester connectées et permettent d’apporter un soutien économique à vos proches au-delà des frontières.
Comment les entreprises indépendantes peuvent-elles offrir des services d’envois de fonds ?
Vous pouvez devenir agent en vous associant à un opérateur de transfert d’argent, comme Ria.
Qu’est-ce qui rend les partenariats avec Ria significatifs ?
Soutien solide, réponses rapides et un sentiment d’engagement partagé.
À propos de l'auteur

Myriam Fernández German
Myriam Fernández German is a content writer with a multicultural background who explores the social and financial impact of remittances in today's global society.
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